Pensées de Selles

Samedi 7 janvier 2006

Aujourd'hui,

 

Premières selles vers 11h00, juste avant de partir au travail. Consistance flasque, mais l'opération fut agréable. Le deuxième dépôt vers 14h40, au travail, même consistance. Beaucoup de gaz juste avant.

 

Pourquoi faire un blog excrémentielle?

J'aimerais y répondre de plusieurs manières. Il y a évidement plusieurs raisons et la première n'est pas la plus importante, à savoir qu'il n'y a pas de blog de ce type, et c'est un manque incontestablement. Non pas que je sois une fanatique de blogage, loin de là, même si j'ai participé, et encore pour un seul article, à un autre blog, sur l'art, à la demande express d'un ami dans le besoin. Mais, cette absence de blog, voire de site sur les excréments et leur influence, n'était, au final pas une bonne chose. Il existe un blog sur les toilettes, et je vais le mettre en lien ici, mais ce n'est pas vraiment la même chose.Encore une fois, ce n'est pas la raison principale, en tout cas.

 

Je crois que la création de Mes Selles, est d'abord l'affaire d'un événement arrivé en milieu de semaine. En allant au cinéma. Après avoir passer le traditionnel contrôle, je suis allez aux toilettes pour une commission pressante, certes, mais de calibre moins important. Juste pour uriner en fait. Je ferme la porte derrière moi, puis me retourne, toujours avec les yeux baissés comme à mon habitude. Le couvercle était relevé mais pas la lunette. L'équipement était tout en blanc, mais aussi en plastique, de qualité médium, à peine médiocre. Non pas que ça me choque d'ailleurs. Ce n'est pas la question. il y avait coincé entre l'arrière de la lunette, le bas de faïence immaculée du réservoir d'eau et sous le couvercle relevé, une petite crotte, déjà en bonne voix de solidification, avec une légère trace marquant le mouvement. J'aurais du être dégoûtée, mais ce ne fut pas le cas, même si, on le verra, il n'y a et n'eut pas d'attirance malsaine non plus. Les choses excrémentaires (blagues, insistances, flaques dans la rue...) me dégoûtent comme tout à chacun lors de leur jaillissement au regard dans la vie quotidienne. Ces choses -là arrivent. Mais là, non que j'étais contente, quelle manque de savoir vivre quand même que de laisser le minuscule, et même inoffensif étron pour le client suivant, mais je surmontais le dégoût immédiat et accepta même sa présence, à cet objet d'événement, puisque je m'assis le plus prés possible du bord avant, le plus loin possible du dépôt inopportun, et fit ce que j'avais à faire. Point d'odeur, d'ailleurs.

 

Et là, je me suis aperçue qu'en fait, dans l'action de déféquer, d'uriner à ce moment là du moins, il y avait là un espace de réflexion, pas de méditation quand même, n'exagérons rien, mais de réflexion, et pas forcément sur le digestif ou l'expulsion d'ailleurs. Voilà donc, révélé sans que ce ne fût auparavant attendu, le moment d'une certaine conception, au moins intellectuelle. Un temps de soi. Il était alors évident que l'expérience deffecatoire m'avait toujours accompagné (c'est un pléonasme), mais que plus encore, je prenais conscience, au sens fort du mot, du rythme que mes visites excrémentielles donnait à mon existence globale.

 

D'où création de blog.

Par Anne Archy
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Dimanche 8 janvier 2006

A cette heure (11h46), je ne suis pas allée aux toilettes... Pas de façon notable en tout cas. Juste pour uriner au réveil, l'esprit encore confus.

 

Je n'ai aucun penchant scatophile. Les excréments et l'urine n'ont jusqu'ici joué aucun rôle dans ma vie. Comme je l'expliquais hier, comme tout à chacun, leur vue m'est toujours surprenante et provoque un premier mouvement de dégoût, bien sûr, mais là aussi sans excès, en ce sens que d'autres "apparitions impromptues" me dérangent plus, je pense; notamment la moisissure quand elle n'est pas noble, ou le vomi, par exemple.

 

Je n'ai donc jamais manipulé des excréments, jamais chercher à en voir, et ils n'ont évidement aucune fonction dans ma vie sexuelle, ni de près ni de loin. Voir quelqu'un aux toilettes faire ses besoins, fut-ce un être aimé, n'a jamais été un fantasme. Il ne faut donc pas voir dans ces lignes le délire inversé d'une psychotique, mais bel et bien, au contraire, une réflexion globale, pas forcément sur nos déjections d'ailleurs, sur les pensées qui s'imposent à moi dans "ces moments là", et essayer de voir, à travers le rythme, ou plutôt la pulsation défécatoire, une étape importante et répétée de la vie de tous, le décalage particulier, encore une fois dans ce moment, de notre regard sur le monde. Enfin pas le vôtre, le mien.

 

Quel plus beau moment pour expliquer cela, sinon en un dimanche comme celui-ci, ce jour étant celui de la non-action et de la méditation, souvent douloureuse, ou plutôt ennuyeuse? Il y a dans ces lignes un point de vue à s'approprier...

Par Anne Archy
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Mercredi 11 janvier 2006
Aujourd'hui, selles promptes et de carcatère, mais sans difficulté.

Je suis retournée bien sûr, comme en pélerinage vers les toilettes du cinéma grace auxquelles ce site existe, un peu naïvement, comme un pélerinage. Le miracle n'a pas eu lieu et l'étron avait été nettoyé. J'ai remarqué d'ailleurs que sur la porte une feuille de nettoyage avait poussé, elle. Avec le nom du responsable sanitaire, et l'heure de l'intervention.
Je suis allée aux toilettes, d'ailleurs, pendant le film, chose rare, et colontairement en plus, et je crois que j'ai failli y rester. j'aurais presque voulu m'y endormir plutôt que de retourner en salle, mais ces choses là ne se font pas. Une série de méditations intéressantes peut surgir dans cet instant de fuite réflexive, me suis-je dit. Cette assise inédite va être profitable pour ton blog, ma fille. Il n'en a été rien.
Une seule remarque m'est apparue de cette pause reposante, mais stérile: on dit "film à chier". Excusez la trivialité. C'est peu.

je suis retournée en salle, et j'ai regagné sans grande originalité mon siège de départ. le film, extrémement médiocre, a continué de se dérouler, car le cinéma est un air des plus cruels. Au beau milieu, au moment même où je me demandais pourquoi, de manière métaphyqiue, on s'empêchait de partir d'un film en cours, au pieds de l'inutilité de tout ça, j'ai découvert le vrai sens de ma réflexion blanche d'alors: il y a sûrement une différence entre excréments et merde. Encore pardon pour la trivialité.

Nous sommes sur une piste...  
Par Anne Archy
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Dimanche 22 janvier 2006

Selles abondantes (9h30) et d'un grand soulagement, non qu'elles mettaient fin à un certaine période d'obstruction, mais c'est ce genre de selles qui vous donnent l'impression de maigrir, et qui détend de manière extrêmement positive votre ceinture abdominale.

 

Malgré ma discrétion et mon immense gentillesse, malgré non mon désintérêt pour la politique, et malgré que j'ai baissé les bras depuis bien longtemps dans ce domaine, Dieu merci, malgré mon agnosticisme bon teint, s'il y a une chose qui me pousserait volontiers à prendre les armes et à "sortir de la DS", ce serait bien les soldes et les gens qui l'a font. Le bilan de cette année a encore été tragique: une semaine sans sortir, quasiment, pour éviter l'évidente malhonnêteté et l'incroyable violence des acheteurs dont il suffit de regarder e visage pour voir l'exactitude de ces sentiments. Comme un air de dégage je suis pressé, et ne te met pas en face de moi je suis pauvre, c'est mes enfants ma bataille l'achat en solde. Ce regard haineux a nourri toutes mes réflexions de toilettes comme une évidence dont on peut se débarrasser, jusqu'à l'obsession. Ca achète du café équitable toute l'année, ça oui, mais dés que les soldes commencent, ça sort sa machette. Le sang coule évidement sur le trottoir. Nous sommes si malheureux qu'on ait obligé d'attendre les soldes chez Zara pour acheter une chemise ou un "designer genes". Il y a dans les soldes immuables, mais aux succès sans cesse grandissant, une aberration comique est une contradiction évidente. Elles contribuent aussi au Pièces Jaunes et autres gestes tsunamiens les plus répugnants. Charité et bonnes affaires.

 

Le vrai mouvement révolutionnaire, la seule solution au Maux contemporains eut été, justement, de lancer un vague mouvement de boycott de ces soldes. Mais ça, aucune organisation, aucun mouvement philanthropique, et aucune personne émue par le sort d'une quelconque baleine n'a été assez pertinente pour faire une telle proposition. Remarque, cela aurait revenu à scier la branche sur laquelle on va aux toilettes, et tant pis pour ceux qui sont plus bas, car comme il fallait le démontrer, les soldes et l'humanitaire vont exactement ensemble: ce sont les deux temps d'un même mouvement de dame patronnesse.

 

Il est évident qu'un article qui peut se vendre rien après avoir été des semaines hors de prix a été évidement fait dans des conditions ou malhonnêtes, ou dangereuses sur le plan du droit du travail. Aucun altermondialiste par exemple n'irait crier sur les soldes et pourtant. La personne qui achète aux soldes, donne aussi des pièces jaunes pour le tsunami, car pour avoir le produit soit à rien soit à très cher, il faut bien faire sa marge quelque part.

 

Ceci dit, c'est vrai que c'est un paradoxe difficile à comprendre: le meilleur moyen d'aider le petit nenfant pauvre à ne plus passer dix heures par jour dans la fabrique à jeans, c'est encore de ne pas donner de pièces jaunes! Par ce geste et en y associant celui de boycotter les soldes, et à revenir à des solutions normales de dépense de son argent, on ne ferait qu'une chose: faire avancer les choses. Dégagé et lavé de tout soupçon, le peuple aurait enfin les mains propres et surtout les mains libres pour faire autre chose. La société se sentirait mieux, serait plus à même d'observer les gens qui ont les rênes décisionnaires entre les mains. Et là, les choses bougeraient d'une autre manière. L'Afrique par exemple ne resterait pauvre q'une génération de plus, grand maximum. Ca se bougerait fissa en Occident.

 

 

Je me mis alors à rire, et chose rare, j'allumais une cigarette encore assise sur les toilettes. Décidément, ils ne savaient pas ce qu'ils perdaient.

Par Anne Archy
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Mardi 1 août 2006
Multiples sessions urinaires aujourd'hui, et surtout selles décidées et pleines de personnalité aujourd'hui à 16h33, alors qu'une pluie fraîche et appréciable s'abattait doucement sous le patio. Bruit agréable. (La pluie essentiellement).

Retour sur blog après six mois d'arrêt et cette fois, je l'espère de manière ferme. Ce site finalement est essentiel t je m'en rends bien compte. Mes lectures blogesques me poussent au désespoir complet, quelque soit les thèmes abordés, et bien que j'essaie de me tenir à distances des sites "intimes" et autres insupportables journaux de bords. Quelle horreur. Du côté de la vie intellectuelle, rien à faire là non plus, tant le niveau est désespérant, quelquefois malgré une érudition réelle. En général, on joue à j'aime/j'aime pas, et encore mieux dans les milieux bien nés, à "retire ce que tu viens dire ou sors de ma chapelle sacrée". Une horreur là aussi sur laquelle vient se greffer une deuxième tendance, les "comptes-rendus de lecture", c'est à dire la multiplication des références prouvant le bagage. Rare sont les bouchers-charcutiers qui n'oserait que poser les yeux sur ces sites et c'est bien dommage car ils en auraient des choses à dire... La culture et l'intime sont les deux hauts lieux de cour des mécréants.

Mon erreur et la raison de mon abandon furent sans doute d'avoir voulu trop femme, trop libre et trop polie en quelque sorte alors même que j'aspirais à un endroit de franchise et de qualité. Bien mal m'en a pris. La franchise n'est pas aimable et il faut avec encore plus d'urgence fuir ce profond désir, purulent et dangereux, de vouloir être aimé(e). Les chemins de l'Enfer peuvent être décidément pavés d’infectes attentions aussi...

Un blog sur les toilettes! Et pas l'objet s'il cous plait: l'expérience. Puisque ce monde a besoin de Vertu et d'expériences simples et concrètes, j'ai décidé de rallumer le flambeau, de parfumer toute votre maison au wizard bien trempé et de remettre les mains dedans.

L'important, c'est quand même la classe.
Par Anne Archy
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